Guitariste (harmoniciste à ses débuts), chanteur et compositeur influencé par John Lee Sonny Boy WILLIAMSON, Memphis Minnie, Big Bill BROONZY, Robert LOCKWOOD Jr., Jo Willis WILKINS ou encore Houston SKACKHOUSE, Jimmy ROGERS a participé aux enregistrements les plus caractéristiques du Chicago-Blues d'après guerre. Accompagnateur d'Howlin' Wolf, de Sonny Boy WILLIAMSON II, de Little WALTER, de Sunnyland Slim et bien sûr pilier de la formation de Muddy WATERS dès le début des années 50, Jimmy ROGERS a aussi favorisé la carrière de nombreux artistes.
Véritable oublié de l'histoire du Blues, Jimmy ROGERS laisse pourtant derrière lui une œuvre remarquablement aboutie et dense, aussi bien en tant qu'accompagnateur que sous son propre nom. Avec une technique sobre à la guitare, se refusant à toute virtuosité gratuite, Jimmy ROGERS sur les bases d'une rythmique efficace et ingénieuse, aux lignes de basse jouées sur son instrument, aura permis à de nombreux solistes d'exprimer toute leur créativité artistique.
Egalement excellent chanteur et compositeur, Jimmy ROGERS a aussi enregistré sous son propre nom de véritables chefs-d'œuvre entre 1950 et 1959, puis à partir de 1970. Après un essai plus que concluant chez Chess, en 1950, avec le titre "That' All Right", Jimmy ROGERS compose une trentaine de titres, dont "World's in a Tangle", "I Used To Have a Woman", "Money, Marbles and Chalk", "Back Door Friend" et "Walking By Myself", laissent transparaître tout son génie et sa créativité. En 1990, à plus de soixante cinq ans, Jimmy ROGERS nous gratifiait encore d'un petit bijou, avec son album "Ludella".
Venu du Bluebird Beat, Jimmy ROGERS fut l'un des principaux concepteurs du Chicago-Blues d'après guerre et sa carrière ne doit donc surtout pas se résumer à sa collaboration avec Muddy WATERS. Car derrière son travail artistique réalisé au profit d'autres musiciens, se cache une œuvre personnelle admirable qui aura énormément apporté au Blues moderne.
Si la communauté noire n'avait pas délaissé le Chicago-Blues à la fin des années 50, au profit d'autres styles musicaux, nul doute que Jimmy ROGERS aurait eu la même notoriété et réussite commerciale que les monstres sacrés qu'il a accompagnés.